Lettre ouverte à Kobe Bryant

Nouvel épisode, cette fois ci concernant Kobe Bryant. Comme vous le savez dans chaque lettre ouverte, c’est un article très différent qu’à l’accoutumé. Ce n’est pas une analyse « objective » mais bien un ressenti personnel. Je n’affirmerai pas avoir la vérité absolue mais tenterai de vous apporter mon point de vue. Article à prendre avec des pincettes.

Hier soir, Kobe Bryant a annoncé sa retraite à la fin de l’année. Tout le monde sur la planète basket le savait, il ne restait plus beaucoup de temps afin de profiter de Kobe mais cette fois ci c’est officiel. Qui aurait pu imaginer il y a 10 ans que le Black Mamba partirait sur un poème ? Pas lui, c’est certain. L’assassin, l’homme au sang froid, le joueur qui ne parlait pas à certains de ses coéquipiers. On voudrait même se réveiller pour voir si tout ça est réel.
C’est ce qui rend sa retraite encore plus belle, tous les mots choisis, la façon de partir, comme d’habitude Kobe Bryant ne veut pas qu’on l’oublie…

Non, ce n’est pas l’année de trop

Dans le monde NBA, on parle beaucoup de « l’année de trop ». Tracy McGrady en tant que remplaçant à San Antonio, les blessures de Pat Ewing, Iverson, Barkley ou encore Shaquille O’Neal. Tous les experts pensent que Kobe aurait dû s’arrêter après sa blessure face à Golden State.
Je vous certifie que non et c’est peut être la nostalgie qui parle. Tout d’abord il n’y a jamais de « bonne année » pour prendre sa retraite. C’est l’essence même du sportif de haut niveau. Pouvoir se tester, pouvoir dire « est-ce que je peux me préparer pour une nouvelle saison? Est-ce que je peux toujours jouer face à ces petits jeunes? Est-ce que j’aime toujours autant ce jeu ? Et surtout est-ce que j’ai encore le niveau ? »
Michael Jordan a connu ces moments-là. Les plus vieux regrettent que MJ soit revenu en 2001 mais les plus jeunes étaient ravis et j’en fait fièrement partie. Mike n’était plus « His Airness » mais voir sur Canal+ sa majesté aérienne, c’était vraiment quelque chose. L’hommage de Bill Clinton (président des États unis à l’époque), le respect des Kobe Bryant ou Kevin Garnett pendant le All-Star Game. J’ai vécu ça comme un passage de flambeau car si la ligue se portait bien, il est clair qu’il y avait de l’admiration de la part de tous les joueurs NBA.
En 2015, c’est ce qui se passe avec Kobe. Lebron James et Stephen Curry dominent sans doute possible la NBA mais tant qu’un dinosaure comme Bryant n’a pas pris sa retraite, dans un sens la ligue lui appartient encore.
Il n’a plus rien à prouver à personne. Il ne joue pas pour courir derrière un énième trophée… Le voir revenir après une blessure du tendon d’achille fait parti du personnage. Beaucoup auraient abandonné mais lui est du genre à se dire « Hey, le seul qui me stopper c’est moi-même ».

Encore plus pour les français, la retraite de Kobe Bryant est un pince coeur. Il faut se rappeler qu’à l’époque, ce n’était pas Bein mais Canal+ qui avait les droits sur la NBA et ne diffusait que 2 matchs par semaine. Avec les Spurs, les Lakers étaient tout simplement l’équipe la plus diffusée sur le réseau. Du threepeat de 2000 à 2003, de ces duels avec les Spurs et bien sur de ses 3 finales NBA de 2008 à 2010. On ne pouvait pas rester indifférent au personnage Kobe.

Les anecdotes sont encore nombreuses mais on en garde pour sa retraite où les larmes couleront à flots sur la planète NBA. Ils nous restent plus que 66 matchs pour faire le deuil d’une personne qui nous manquera tous.
Les haters et les lovers de Kobe seront pour la première fois dans le même camp, celui de la tristesse.
Alors si vous doutez encore de l’amour, vous n’avez qu’à regarder Kobe Bryant, une dernière fois…

Tsirofo Raonivelo-Andriamiharinosy
Originaire de Tours, je traverse le monde pour shooter à 7 mètres 23 entre deux papiers sur la NBA.

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